La salamandre

Publié le par Blanche

Manuscrit du XIV° siècle

Manuscrit du XIV° siècle

La salamandre, baffie ou lebraude est un amphibien légendaire qui était réputé vivre dans le feu et s'y baigner, et ne mourir que lorsque celui-ci s'éteignait.

Mentionnée pour la première fois par Pline l'Ancien, la salamandre devint une créature importante des bestiaires médiévaux ainsi qu'un symbole alchimique et héraldique auquel une profonde symbolique est attachée. Ainsi, Paracelse en faisait l'esprit élémentaire du feu, sous l'apparence d'une belle jeune femme vivant dans les brasiers.

D'autres légendes plus tardives en font un animal extrêmement venimeux, capable d'empoisonner l'eau des puits et les fruits des arbres par sa seule présence.

 

INFO : Lorsque l'une de ces créatures est proche de la mort, des réactions physiologiques contracteront les glandes à venin et l'on verra l'animal agonisant, recouvert d'une sorte de lait exsudé pouvant effectivement diminuer la combustion des braises. Ces faits avérés pourraient bien être à l'origine du mythe de la salamandre de feu.

 

L'attribut principal de la salamandre est sa capacité à se baigner dans le feu et l'éteindre, cet animal eut longtemps la réputation d'être totalement insensible aux effets du feu.

On lui prêtait aussi le pouvoir de traverser un brasier ou d'être jetée dans les flammes sans subir aucun dommage. Certains affirmaient même que son sang était tellement froid qu'elle pouvait éteindre le feu.

La salamandre est aussi réputée pour deux attributs principaux : sa peau incorruptible et son venin extrêmement puissant.

 Une fausse missive rédigée au XIIè siècle mentionne qu'un pays lointain produit des vers appelés salamandres : « Les salamandres vivent dans le feu et font des cocons, que les dames des palais dévident et utilisent pour tisser des etoffes et des habits. Pour laver et nettoyer ces étoffes, elles les jettent au feu. » (Jorge-Luis Borges, Le livre des êtres imaginairesÉditions Gallimard, 2007). Cette thématique se retrouve chez d'autres auteurs, Gossuin de Metz (XIIIé siècle) ajoutant qu'un tissu fait en poils de salamandre ne peut se consumer, et Guillaume de Tilbury (c.1155-1234) qui explique que même la peau de l'animal ne peut brûler.
Pline l'Ancien mentionnait déjà des étoffes incorruptibles qui se nettoient dans le feu (Histoire naturelle), de même que Marco Polo, qui précise que « la salamandre est une étoffe, non un animal ».


(Gravure de Paracelse)

Certaines légendes ajoutent que la salamandre sécrète le plus puissant de tous les poisons, celui-ci fonctionnant par simple contact : en tombant dans un puits, elle peut empoisonner toute l'eau qui s'y trouve et en grimpant dans un arbre fruitier, la salamandre peut aussi empoisonner tous ses fruits (Josy Marty-Dufaut, Les animaux du Moyen Âge réels et mythiques, Autres temps). Dans le Rosarius, écrit du XVè siècle, le venin est décrit comme une humeur laiteuse que l'animal répand pour se défendre.
La salamandre est réputée pour la puissance de son venin : dans le folklore français, sa respiration suffit pour faire enfler une personne jusqu'à ce que sa peau éclate. En Auvergne, où elle est connue sous le nom de soufflet, souffle ou enfleboeuf, elle tue les troupeaux de bovins, et dans le Berry, sa présence suffit à les faire enfler. En Auvergne, la lebraude est un lézard noir et jaune dont la symbolique est proche de celle de la salamandre, réputé pour ne respirer qu'une fois par jour.
Son souffle est empoisonné et pour s'en débarrasser, il faut l'enfermer pendant vingt-quatre heures dans un espace confiné afin qu'il soit obligé de respirer et qu'il s'empoisonne lui-même. Selon Paul Sébillot, au XVIIIe, les bretons n'osaient pas nommer la salamandre par son nom véritable, craignant que, l'entendant, elle ne vienne leur faire du mal.

Cet animal, détesté, et vu comme mauvais au Moyen Age, va connaitre avec François Ier et la Renaissance, une popularité sans pareille. 
Emblème du Roi de France, elle est aimé pour sa représentation de l'appartenance sans faille à une fois. Accompagnée de la locution "Nutrisco et extingu", traduit par "je nourris le bon feu et j'éteins le mauvais", la Salamandre et la représentation du pouvoir la plus présente à Chambord.

 

Publié dans Le Moyen Age

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keyo 30/09/2013 17:10

un animal de légende et symbole de puissance