La mandragore

Publié le par Blanche

Pour changer un peu... Et parce qu'il y avait longtemps que je n'avais pas fait d'article autre que sur les fêtes médiévales, voilà un petit article sur une plante dites "magiques", la mandragore. Que pensait-on  de cette plante au Moyen-Age ?

 

 

 

La Mandragore ou Mandragore officinale (Mandragora officinarum) est une espèce de plante herbacée vivace, des pays du pourtour méditerranéen, appartenant à la famille des solanacées, voisine de la belladone. Cette plante, riche en alcaloïdes aux propriétés hallucinogènes, est entourée de nombreuses légendes, les Anciens lui attribuant des vertus magiques extraordinaires.

 

Le rituel d'arrachage de la mandragore change dès le début du Moyen Age et peut être même avant en Palestine. Le collecteur de plantes doit maintenant pour dégager la racine, l'attacher à un chien et attirer l'animal au loin. Cette plante a une telle puissance magique que si l'herboriste s'aventurait à la déraciner lui-même, il s'exposerait à une mort certaine. Les textes ajoutent même "que cette racine a en soi une telle puissance divine que, lorsqu'elle est extraite, au même moment, elle tue aussi le chien" (Herbarius Apulei, 1481). Le Quellec fait remonter l'ancienneté de cette tradition au début du VIe siècle. En l'an 520, le manuscrit de Dioscoride de Vienne est illustré par deux miniatures sur lesquelles on voit une racine de mandragore attachée au cou d'un chien mort, gueule béante.

Au premier siècle, Flavius Josèphe avait déjà décrit dans la Guerre des Juifs, VII, 6, 183, un rituel identique appliqué à l'arrachage d'une plante qu'il appelle baaras. La plante est cependant mal identifiée et il n'est pas certain qu'il s'agisse de la mandragore comme Hugo Rahner (1954) l'a supposé.

Les précautions lors de la cueillette sont aussi énoncées dans les écrits de Paracelse (1493-1541). Pour se procurer la racine de mandragore si dangereuse, il fallait des rituels magiques. Celui qui arrache la mandragore sans précaution, s'il ne devient pas fou en entendant les hurlements de la plante, sera poursuivi par sa malédiction...

 

  Arrachage d'une mandragore. Manuscrit Tacuinum Sanitatis, Bibliothèque nationale de Vienne, v.1390

 

Selon les divers écrits décrivant les rituels, on sait qu'ils se déroulaient les nuits de pleine lune. Les mandragores qui poussaient au pied des gibets étaient très prisées car on les disait fécondées par le sperme des pendus, leur apportant vitalité, mais celles des places de supplice ou de crémation faisaient aussi parfaitement l'affaire. Des « prêtres » traçaient avec un poignard rituel trois cercles autour de la mandragore et creusaient ensuite pour dégager la racine, le cérémonial étant accompagné de prières et litanies. Une jeune fille était placée à côté de la plante pour lui tenir compagnie. On passait également une corde autour de la racine et on attachait l'autre extrémité au cou d'un chien noir affamé que l'on excitait au son du cor. Les prêtres appelaient alors au loin le chien pour qu'en tirant sur la corde il arrache la plante. La plante émettait lors de l'arrachage un cri d'agonie insoutenable, tuant l'animal et l'homme non éloigné aux oreilles non bouchées de cire. La racine devenait magique après lavage, macération et maturation en linceul ; elle représentait l'ébauche de l'homme, « petit homme planté » ou homonculus. Ainsi choyée, elle restait éternellement fidèle à son maître et procurait à son possesseur, prospérité prodigieuse, abondance de biens, et fécondité. Elle était vendue très cher en raison du risque à la cueillette, et ce d'autant plus que la forme était humaine, de préférence sexuée par la présence de touffes judicieusement disposées.

En Europe, on trouve à partir du IXe siècle dans la littérature médicale la description de narcose par inhalation d'une éponge soporifique (spongia soporifera). Une série de recettes allant du IXe au XVIe siècle et provenant de divers pays nous sont parvenues. La plupart se trouvent dans des manuels de chirurgie ou dans des antidotaires. La plus ancienne connue est celle de l'Antidotaire de Bamberg, Sigerist ; elle comporte de l'opium, de la mandragore, de la ciguë aquatique (cicute) et de la jusquiame. Au XIIe siècle, à l’école de médecine de Salerne, Nicolaus Praepositus, pronait aussi dans son Antidotarium l'usage d'une éponge soporifique dans certaines opérations chirurgicales. Elle était imbibée d'un mélange de jusquiame, de jus de mûre et de laitue, de mandragore et de lierre.

Publié dans Le Moyen Age

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LLH 10/02/2014 17:56

Hum...cet article me semble tout à fait similaire à celui de Wikipédia.

Knorra 29/11/2011 13:28


Pas de com possible chez moi ?


Hoooooooo Over n'aimerai pas mon côté diablesse pour me punir ?


Bon, je regarderais cela avec attention ce soir car là je dois reprendre le boulot


Bizouxx

Knorra 29/11/2011 13:14


La mandragore pousse un cri insoutenable au moment de l'arrachage...............


Heum.......vais peut être bien ramener cela au boulot......

Blanche 29/11/2011 13:22



Tu es un vrai diable toi :)


Mais si cela peut te faire plaisir, te gènes pas, au contraire ! Mais raconte moi surtout !


Groos bisous à vous deux !


 


PS : J'arrive pas à laisser un com' chez toi (ça plante lol)