La tentation (texte de moi...merci de respecter)

Publié le par Blanche

La chaleur était encore accablante malgré la nuit déjà avancée quand Eléanore poussa la petite porte qui menait au logement qu'elle occupait avec sa mère. La jeune servante poussa un long soupire en voyant la misérable couche qui lui servait de lit. Cette nuit encore elle dormirait avec les rats.

Eléanore referma la porte et, à la lumière de la lune, se dirigea vers le lit. Quand elle s'allongea, un nuage de poussière s'éleva dans les airs, lui arrachant une toux sèche et désagréable. C'était comme cela tout les soirs depuis 3 semaines.

En effet, avant d'arriver dans ce misérable château, la jeune fille et sa mère étaient au service du Roi. Mais depuis ces dernières semaines, Eléanore devait subvenir aux besoins d'un misérable baron de bas étages ne voulant que satisfaire tout ses appétits, coupables la plus part du temps !

La jeune fille avait 16 ans et était fort belle. Elle éveillait la curiosité de tout les hommes, jeunes où vieux ! Sa longue chevelure couleur corbeau traversé pas une seule mèche blanche travaillait bien des esprits, tout comme la profondeur de ses yeux gris. Eléanore était charmante et bien proportionnée et tout les regards se tournaient vers elle quand elle passait quelque part. Loin d'ignorer sa condition aux yeux des hommes, elle n'en jouait que lorsque qu'elle en retirait quelque chose de positif pour sa mère ou elle. Mais elle se répugnait à faire cela et, dans l'entourage du Roi, cela était rare. Mais maintenant…

            La servante ferma les yeux sur sa couche pour oublier sa misérable condition. Cependant, elle ne pouvait oublier les paroles prononcées par le baron quelques heures plus tôt.

            "Soit mienne et tu n'auras plus à me servir…Je ferai de toit une femme convenable…Je te sortirai de ta condition…"

            Eléanore frissonna à cette pensée. Elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas se donner à cet homme, pas lui, pas pour cela…Et pourtant…

Pour elle, quitter sa condition servile était une promesse d'avenir, pour elle mais surtout pour sa mère. Alors comment résister à ce cri qui venait du plus profond de ses entrailles ? "Accepte…Devient une femme, une vrai…Sort de cette condition…L'argent fera ton bonheur…" Mais comment se laisser diriger par la tentation ?

La jeune soubrette secoua sa tête de geai essaya de faire partir cette idée de son corps. Elle devait dormir, se reposer, la matin viendrait bien vite où il faudrait servir le baron, comme une bonne fille qu'elle était…

                        La nuit fut courte et bien dure. Eléanore rêva de choses affreuses et ne sommeilla que partiellement. Mais il fallait se lever. Déjà sa mère, rentrée bien plus tard dans la nuit, la secouait pour la faire se lever. Ce qu'elle fit. La jeune fille remit de l'ordre dans ses cheveux, essayant de cacher sa mèche blanche et se fit plus convenable. Elle devait être parfaite…

            Il était tant d'aller voir le baron qui déjà sonnait pour son matinel. Eléanore se dirigea en cuisine, pris le plateau garnit sans un mot et monta dans la chambre de l'homme qu'elle détestait tant. Pourtant en elle, une voix hurlait. "Laisse toi faire, change ton destin maintenant…" La jeune servante ne voulait l'écouter et pourtant…

Poussant la porte, Eléanore trouva comme à son habitude son maître couché dans le lit. Elle écarta les rideaux du lit et le vit, assit, la courtepointe négligemment jeté sur ses jambes, en chaisne et débraillé (une autre avait du passé la nuit avec ce montre). Cette vision, ce matin là, lui arracha un haut le cœur qu'elle contint à grand peine en fermant les yeux.

            "Monsieur, voilà votre matinel."

            Elle devait se maîtriser, se calmer. Elle devait faire face. Tout en pensant à ne pas craquer, elle posa son plateau sur la petite table de nuit.

C'est alors qu'elle sentit une main chaude lui attraper le poignet avec force et la tirer sur le lit. Eléanore ne put résister à cette force masculine et elle s'effondra sur le matelas, s'y enfonçant à en toucher le baron. Elle voulut se débattre, crier, mais rien. Elle était comme tétanisée. Alors le baron pris une voix calme.

            "Je veux faire de toi ce que tu n'es pas. Une femme libre et heureuse…"

            Sans attendre de réponse, le baron passa sa main sur le corsage de la jeune fille, tirant le lacet. Eléanore ne bougeait pas. Il avait parler d'argent. Elle était attirer par cette perspective, sortir de la servilité, enfin…La voix dans sa tête lui braillait de se laisser faire, de devenir c'elle qu'elle voulait être…

Alors elle se laissa faire, résignée, malheureuse. Elle ne pensait qu'à sa liberté. Les premières caresses la dégoûtèrent, le reste aussi, mais elle se devait de ne rien dire.

            Quand le baron eut finit, il se leva, remit ses brais et regarda la jeune fille, nue et tremblante dans le lit, les cuisses en sang. L'homme se dirigea alors vers son bureau, tira de l'un des tiroir une bourse en cuire noir, fermée par un cordon de la même couleur et il la jeta sur Eléanore.

            "Tiens…avec ça, tu as de quoi voir venir  ! "

            Eléanore fut surprise autant qu'effrayée. Qu'est ce que tout cela voulait dire ? Pourquoi de l'argent ? Pourquoi tant de dédain ? Il y avait pris visiblement du plaisir, enfin autant que pouvait en juger la pauvre enfant. Devant tant de perplexité, le baron se mit à rire tout en buvant son verre de lait.

            " Tu as l'air étonnée ! Qu'attendais-tu ? La liberté comme les autres sans doute  ! "

            Et le rire se fit plus gras encore. Il n'avait jamais eut l'intention de la libérer et la pauvre gueusaille venait de le comprendre. Elle s'était fait dupé non seulement par ce vil personnage, mais aussi par sa conscience. Elle s'était jeté corps et âme dans la gueule du loup attiré par la promesse d'un jour bien meilleure. Mais elle n'avait que de l'argent. L'argent certes, mais pas la liberté…

Se rhabillant la tête basse, la jeune fille se maudissait d'avoir cédé à ce désir de devenir une autre. Elle était née servante, et servante elle serait toute sa vie…C'était ainsi. Elle ramassa la bourse, lourdement garnie, et la mis à sa ceinture…Elle donnerait l'argent à sa mère…Puis elle sortit, sans un mot, sans un regard sur cet homme qui mangeait goulûment son matinel.

Eléanore descendit dans le petit logis qu'elle avait avec sa mère après avoir volé de l'encre et du papier dans la bibliothèque du maître. Plus rien n'avait d'importance désormais.

Ayant reçut une bonne éducation chez le Roi, la jeune servante savait écrire. Mais elle ne le faisait que peu souvent. C'est une main tremblante qui écrivit sur le petit bout de parchemin.

            "A Dieu mère…J'ai cédé à la tentation de devenir une autre…Prend cette argent, je n'en ai plus besoin…Je t'aime…"

            La jeune fille posa le mot et la bourse sur la couche de sa mère. Un dernier regard dans le face-à-main (seule chose qu'elle possédait en propre, offert par la Reine) avant de sortir,  lui appris que sa longue mèche blanche était devenu plus large encore. Elle portait la trace de son forfait, de son envie d'être une autre. Des larmes roulant sur ses joues, Eléanore pris un petit escalier de pierre menant dans les jardins. Sans se faire voir, elle alla vers la rivière passant dans le clos du château et regarda longuement les eaux bouger devant elle. Sa décision était prise. La Loire emporterai ce qu'elle était…Une arriviste ratée…

 

            "J'ai voulu changé mon destin mais cela n'est pas possible…" Ce furent là les dernière pensées de la jeune fille, conclusion d'une courte vie qu'elle n'avait pas envisagé sous cet angle. Si la tentation est parfois promesse de bonne chose, elle est souvent mauvaise conseillère, Eléanore l'a appris à ces dépends, mais bien trop tard…

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Solenne 07/10/2008 22:01

Tu sais ce que j'en pense... Tu m'as fait pleurer XDTes histoires sont toujours si tristes mais si bien écrites ^___^Niiiiiiiff