Saladin

Publié le par Blanche

A mon sens le plus Grand des souverins sarrasins que l'Islam est connus.
"Si je ne suis plus Roi, tremblez pour l'Islam..." (Tiré d'un film mais tellement vrai...)


Saladin n'a jamais porté officiellement le titre de sultan, qui lui est pourtant donné par de nombreux contemporains. Il estimait que ce titre, correspondant au « bras séculier » du califat, revenait de droit aux Seldjoukides d'Iran. C'est seulement après l'élimination des Seldjoukides par les Mongols que les Ayyubides s'attribueront ce titre.

Éloge de Saladin par Usâma ibn Munquidh qui fut l'un de ses compagnons d'arme :

« Plaise à Dieu d'embellir l'islam et ses fidèles en donnant longue vie à Salâh ad-Dîn, en les aidant par le tranchant de son épée et ses décisions, en les abritant dans l'ampleur de son ombre ! Et comme il a, pour eux, lavé de toute impureté les sources de ses mérites, puisse-t-il de même soumettre la terre à son très haut pouvoir de commander ou de défendre, et les têtes de ses ennemis à la sentence de son sabre. »

Le même ne se prive pas par ailleurs de trouver Saladin d'une brutalité excessive. Au cours d'une bataille près de Homs la pluie a rendu le sol impraticable pour les chevaux. Les fantassins se battent en corps à corps, l'un d'entre eux s'éloigne pour se réfugier dans Homs :

« Salâh ad-Dîn était posté avec moi, et nous regardions devant nous ces fantassins. L'un d'eux courut rejoindre ceux de Homs, auxquels il se mêla. Salâh ad-Dîn, qui l'avait vu dit à l'un de ses compagnons :

-Amenez ici l'homme qui était à côté du fuyard !
Quand ce fut fait , il demanda :
- Quel était celui qui se trouvait à côté de toi et s'est enfui pour aller à Homs ?
– Par Dieu, Seigneur, répondit le fantassin, je ne le connais pas.
- Tranchez le par le milieu! ordonna Salâh ad-Dîn [... Usâma essaie vainement d'adoucir la peine ...]
Salah ad-Din dit :
- Quand quelqu'un déserte, on prend celui qui était à ses côtés et on lui coupe le cou, ou bien on le tranche par le milieu.
On l'entrava comme le voulait l'usage, et on le coupa en deux. »

Malgré sa farouche opposition à la puissance chrétienne, Saladin gagna en Europe une immense réputation de souverain chevaleresque, à tel point qu'il exista au XIVe siècle un poème épique sur ses exploits et que Dante l'inclut parmi les âmes païennes des limbes.

L'empereur d'Allemagne Guillaume II lors de sa visite à Damas en 1898, a offert à l'empire Ottoman la restauration du mausolée de Saladin construit en 1193, et un sarcophage de marbre. Actuellement dans le mausolée qui se trouve près de la mosquée des omeyyades, il y a deux sarcophages : celui en marbre resté vide et celui en bois qui contient le corps de Saladin. Pour Guillaume II, il s'agissait d'honorer celui qui a vaincu à la fois l'Angleterre et la France.

La province de l'Irak actuelle qui contient la ville de Tikrit s'appelle en son honneur Salah ad-Din.

(Tiré de Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, J'ai lu, 1983, 318 p. (ISBN 2-290-11916-4), partie IV, chap. IX (« La ruée vers le Nil »), p. 199-200 et de  Usâma ibn Munquidh (trad. André Miquel), Des enseignement de la vieكتاب العتبار), Imprimerie Nationale, coll. « Collection orientale », 1983, 446 p. (ISBN 2-11-080785-7), p. 353 ) (

Publié dans Le Moyen Age

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Solenne 12/09/2008 23:42

Quel homme ce Saladin ! De toutes les représentations que j'ai eu de lui (livresque, films...), il a toujours su attiser mon admiration. ^_^