La cruentation

Publié le par Blanche

Manuscrit Allemand, 1497

Manuscrit Allemand, 1497

Aujourd'hui, je voudrais vous parler d'une pratique judiciaire dont j'ai découvert l'existence hier.

La cruentation.

 

La cruentation est un motif littéraire et judiciaire majeur pour le Moyen-Age. Le terme, issu du latin cruentatio "saignement", désigne une croyance selon laquelle les plaies d'un homme assassiné se mettraient à saigner en présence de ses assassins.

C'est ainsi qu'est née "l'épreuve du cercueil", lors des veillées funèbres ou d'enquêtes : les coupables présumés passaient devant le cadavre de la victime. Si du sang s'écoulat du coups, ils étaient inculpés, le sang étant la manifestation de la colère de la victime à leur égard, ainsi que de celle de Dieu.

La cruentation se rapproche, ainsi ritualisée, de l'ordalie (jugement de Dieu consistant en une épreuve pour déterminer de la culpabilité ou de l'innocence de l'accusé).

Le phénomène est relativement courant dans les romans arthuriens : Yvain ou le Chevalier au lion de Chrétien de Troyes ou dans le Haut Livre du Graal. [...]
Celui-ci ne se cantonne pas à la littérature : ainsi le chroniqueur Jouvenel des Ursins rapportent qu'en 1407, la dépouille du Dic d'Orléans, qui venait d'être assassiné, aurait saigné lors des funérailles en présence du Duc de Bourgogne, désignant ainsi son assassin. On peut évidement s'interroger sur la validité et la partialité d'un tel témoignage, mais cela marque l'importance de la cruentation dans la société médiévale.

Source : HIM N°52 : http://www.histoire-images-medievales.com/

Publié dans Le Moyen Age

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